Amérique latine : une année blanche pour l’éducation ?
L’Amérique latine a été particulièrement touchée par la pandémie de covid-19, comptant deux des quatre pays au monde affichant le plus lourd bilan : le Brésil et le Mexique. Outre les terribles effets économiques de la pandémie, la fermeture prolongée des écoles dans certains pays a accru les inégalités sociales et éloigné de l’école les catégories les moins favorisées.
Révolte sociale en Colombie
Depuis le 28 avril, les manifestations sont presque quotidiennes en Colombie où les principaux syndicats et acteurs de la société civile ont appelé à faire reculer le gouvernement conservateur d’Ivan Duque sur son projet de réforme de la fiscalité, très défavorable aux classes moyennes et aux plus pauvres. Ces manifestations ont été violemment réprimées par l’armée et la police, sur ordre du gouvernement. Le 5 mai, un nouvel appel à manifester a été largement suivi. La FECODE, principal syndicat de l’éducation de Colombie, a rejoint le Comité national de grève et soutient les manifestations.
Le Brésil au bord de la rupture
L’épidémie a terriblement affecté le pays depuis un an, et d’autant plus que le pouvoir a mené une politique de déni que l’on peut désormais qualifier de criminelle : plus de 341 000 morts, le chiffre de 4000 décès par jour a été atteint le 6 avril et les structures hospitalières comme les entreprises funéraires sont aujourd’hui totalement débordées. Les enseignants brésiliens sont au cœur du maelstrom, ils ont dû reprendre les cours sans mesure de protection réelle et sans vaccin.
GRÈVE AU QUÉBEC: Éducation et Santé
Devant l’impasse des négociations du secteur public et le cadre financier inflexible décrété unilatéralement par le Conseil du trésor, la Centrale des syndicats du Québec appelle à la grève à partir du mardi 30 mars. Dans le contexte de la crise des conditions de travail qui a été mise en lumière par la pandémie de […]
Haïti, un peuple qui se dresse contre la dictature
En Haïti, la population fait face aux velléités dictatoriales du président Jovenel Moïse qui entend poursuivre son mandat de cinq années au-delà de l’échéance légale. Malgré l’opposition du Conseil supérieur du pouvoir judiciaire qui a décrété illégale la poursuite du mandat, le pouvoir, usant de ses connexions mafieuses avec des gangs urbains, tente de s’imposer en terrorisant la population. Mais l’opposition est active et particulièrement les syndicats enseignants, qui résistent.
Amazonie : l’effondrement sanitaire et scolaire
Les images récentes des queues devant la seule usine de fabrication de bouteilles d’oxygène de Manaus, en Amazonie brésilienne, ont frappé l’opinion mondiale. Le chaos sanitaire semblait tel que des dizaines, voire des centaines de familles, se trouvaient seules pour lutter contre le virus, les hôpitaux débordés n’acceptant plus de patients et n’ayant plus d’oxygène à leur fournir. Le seul moyen de sauver leurs proches était alors, pour les familles, d’improviser des mises sous oxygène à domicile en allant négocier à prix d’or les précieuses bonbonnes directement sur leur lieu de production. Retour sur une catastrophe sanitaire et éducative annoncée, sous la houlette d’un gouvernement fédéral et provincial à l’inconséquence criminelle.
Chili : une jeunesse engagée qui paie durement le prix de la répression
Depuis octobre 2019, la pays est entré en ébullition et c’est toute une société civile qui conteste un pouvoir politique ultra-libéral, assis sur une Constitution liberticide élaborée du temps de la dictature de Pinochet. Ce sont les jeunes qui se sont levés les premiers. Sans peur, ils ont affronté la police qui a gardé les réflexes acquis dans les années soixante-dix et quatre-vingts. Ils en paient aujourd’hui le prix puisque plusieurs sont emprisonnés dan l’attente de leur procès ou ont déjà été lourdement condamnés, souvent sans preuve.
Colombie : militer au risque de sa vie
La FECODE est le principal syndicat colombien de l’éducation. Il est engagé depuis longtemps dans une lutte contre l’extrême-droite et la dénonciation des violences des groupes paramilitaires. Mais militer n’est pas sans risque dans ce pays où l’extrême-droite, longtemps soutenue par les gouvernements en place, utilise la terreur et l’intimidation.
Rentrée scolaire sous haute tension à Haïti
Salaire des enseignants en baisse, insécurité aux abords des écoles, les syndicats ont toutes les raisons de se mobiliser à Haïti. La réponse du gouvernement ? Une répression syndicale à tout va, centrée sur les dirigeants syndicaux. Mais elle ne décourage pas les enseignants qui continuent à se mobiliser et en appellent à la solidarité internationale.
Sur l’Oyapock, le coronavirus n’a ni frontière ni nationalité
Des deux côtés du fleuve amazonien de l’Oyapock, qui marque la frontière entre la Guyane et l’Amapà, État du nord du Brésil, l’épidémie de covid-19 agit comme un révélateur des très grandes inégalités territoriales et communautaires dans ces deux régions. Système scolaire et système sanitaire en sont l’illustration.








